Compagnie L'Air de Rien | TV Fil78 – “14-18” dans l’œil de jeunes yvelinois
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TV Fil78 – “14-18” dans l’œil de jeunes yvelinois

TV Fil78 – “14-18” dans l’œil de jeunes yvelinois

Présentatrice :Ils travaillent depuis le mois de septembre, 700 élèves des Yvelines et de l’Eure vivent les commémorations de la Grande Guerre de l’intérieur. Un projet porté par la compagnie L’Air De Rien et plusieurs acteurs de ce projet sont avec nous en plateau ; Guillaume de Moura le directeur de la compagnie, Guillaume Atoch-Gil qui lui est au lycée Notre Dame du Grandchamp à Versailles, Géraud Sabatier-Gerat qui est élève au collège du  Sacré Cœur de Versailles et Emma Chetreff du collège Sainte Thérèse au Mesnil Saint-Denis. Bonjours à tous les quatre.

La première question : Guillaume de Moura, comment on en vient à faire Voix (re)tranchéesqui est le nom du projet ?

Guillaume De Moura :On en vient à faire Voix  (re)Tranchées parce qu’on travaille avec des établissements depuis longtemps et qu’à chaque fois avec ces établissements on monte des projets pédagogiques et artistiques et pas des projets juste artistiques complètement déconnectés de la pédagogie et que cette année on  voulait monter un projet avec trois structures : la compagnie l’Air De Rien, Tiret du 6 qui est une maison d’édition et le studio de création qui s’appelle Rouge Indigo. On voulait monter un projet assez fort et qu’étant dans l’année du centenaire, c’était une occasion rêvée et que surtout c’est une thématique qui rentre dans énormément de disciplines et c’est pour ça qu’on est parti de ce projet-là. Après le choix de Voix (re)tranchées,  c’est qu’on s’est énormément attachés aux lettres et on s’est énormément attachés aux voix qui n’ont pas pu s’exprimer il y a 100 ans et qu’on redonne leurs voix grâce aux jeunes.

Présentatrice :Ce qui permet en plus d’avoir un projet labellisé par la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, une reconnaissance supplémentaire. Alors justement 4 établissements et il y en a 3 dans les Yvelines qui sont représentés par vous trois, comment s’est passée la collaboration avec l’Air De Rien ? ou peut-être entre vous ?

Guillaume Atoch-Gil :C’était une expérience assez hors du commun, c’est la première fois pour moi en tout cas que j’expérimente quelque chose comme ça. Tout d’abord on est allés  voir avec nos professeurs ce qu’on voulait faire, c’était complétement libre de choix, c’est un aspect qui est plutôt bien par rapport à ça. Et ensuite ont s’est mis d’accord avec Guillaume de Moura et les autres responsables du projet, comment est-ce qu’on allait mettre ça en place, comment ça allait rentrer dans le livre et les expositions etc.

Présentatrice :Les expositions justement parce que c’est l’un des comptes rendus peut être de ce projet. Elle est itinérante celle-ci, on la trouve dans les quatre établissements, ils ont tous participé ou c’est une exposition différente ?

Guillaume de Moura :Alors en fait, l’exposition très simplement elle part du livre, le livre il y a les projets des 700 élèves dans toutes les disciplines et ont y tient, même la discipline scientifique, c’est très important de le dire.

Présentatrice :Pas seulement du français et de l’Histoire.

Guillaume de Moura :Voilà, exactement. Et après l’idée,  c’est que l’exposition puisse montrer un échantillonnage des projets de tous les élèves, de toutes les disciplines et de tous les établissements. Après cette exposition, elle circule dans les établissements où elle va être complétée par d’autres projets qui n’ont pas pu être dans l’exposition originale et ensuite au mois de novembre elle sera présente dans les villes, dans les municipalités, à la mairie de Versailles, à la mairie d’Evreux, à la mairie du Mesnil.

Présentatrice :Evreux qui est la commune de l’Eure concerné par le projet. Géraud comment ça se passe au collège ? C’est pendant les cours ? C’est en dehors du temps scolaire ? Comment on le gère ?

Géraud Sabatier-Gerat :On a eu sur plusieurs matières, c’est sur les heures de cours donc sur le cours d’arts  plastiques, sur le français, sur l’Histoire géo…  on a créé des lettres en français, on a créé des BD qui se retrouvent dans l’exposition en arts plastiques. Tout se regroupe sur plusieurs matières et tous nos projets vont rentrer soit dans le spectacle soit dans l’exposition et tous nos projets sont retrouvés pratiquement tous dans le livre.

Présentatrice :C’est une époque bien sûr que personne sur ce plateau n’a connue  mais comment vous aussi jeunes vous l’avez vécue ? Est- ce que c’est un moyen aussi de se rendre compte, j’imagine que c’est dans votre programme de troisième, c’est un moyen peut être aussi de mettre les pieds dedans, de se rendre compte ce qu’ont vécu les Poilus et leurs familles Emma ?

Emma Chetreff :Nous, oui parce qu’on est entrain de travailler sur les émotions en faisant de la danse, en faisant plein de chorégraphies  et du coup on essaye d’exprimer leurs douleurs avec nos visages on va dire.

Présentatrice :On a parlé de l’exposition il y a aussi un spectacle dont vous faites la mise en scène. Nous normands 14 ans en 18et Le Grand Festin. Vous les avez créés comment ces spectacles ?

Guillaume de Moura :Alors on a d’abord créé Le Grand Festin, on est parti du postulat que nous voulions avoir un projet qui était fort, un spectacle fort pour ne  pas rentrer dans les choses très calibrées. Et donc on voulait parler de l’horreur parce que c’est ça qui est intéressant, c’est d’arriver à faire comprendre à ces jeunes quelle était l’horreur mais la montrer de manière frontale c’était impossible, on fait un blocage par rapport à ça. Donc c’est pour ça qu’on est partis sur une fable comme les fables de La Fontaine, et qu’on est partis sur des animaux assez repoussants et que de cette idée-là, on tourne une fable pour exprimer l’horreur du sang, de la douleur, de la souffrance. Et je crois que ça marche plutôt bien justement avec les jeunes parce qu’on utilise un moyen biaisé et imagé pour pouvoir parler de cette période.

Présentatrice :On vient de parler de la peur, qu’est- ce qui vous a marqués vous ? C’est ça  sur cette histoire de 14-18 ? La peur, la douleur peut être ?

Guillaume Atoch-Gil :Moi je dirais c’est ça oui, la peur, la douleur surtout l’échelle à laquelle ça s’est produit, c’était la Première Guerre mondiale, on a étudié ça en Histoire ? en anglais, en littérature aussi. On a vu plusieurs poèmes où on voit l’état dans lequel  les Poilus et même les soldats anglais, allemands vivaient, dans les tranchées. Ils étaient complétements coupés du reste du monde, ils n’avaient aucune porte enfin aucune échappatoire, c’est vraiment quelque chose hors du commun qu’on ne voit pas souvent.

Présentatrice :Justement là, vous, ça passe par les lettres, les expositions alors que toi Emma t’es plus concernée par la danse ? Où  il y a tout l’aspect si j’ai bien compris des gueules cassées aussi. Comment on le joue ? Comment on se l’approprie ?

Emma Chetreff :Pour nous aider on a regardé quelques extraits de films qui parlaient de la Première Guerre et ça nous a aidés sur les émotions et on s’imagine qu’on est dans la peau du personnage et après ça va tout seul.

Présentatrice :Et pour garder une trace de ce projet , il y a donc l’exposition et les spectacles mais c’est presque éphémère, il y a un ouvrage qui est édité avec le projet des 700 élèves parce qu’ils ne sont pas que 3, il y a 700 copains avec vous et notamment les correspondances épistolaires ce que vous disiez qui était très important à l’époque on s’en rend plus compte nous maintenant avec les sms et les mails et on se glisse dans la peau d’un soldat ou d’un proche. Vous étiez qui vous ?

Guillaume Atoch-Gil :Ce qu’on a fait  dans mon groupe c’est qu’on a pris une chanson écrite aux Etats-Unis avant leur entrée dans la Première Guerre mondiale et on l’a analysée, donc d’abord les paroles, ensuite la mélodie, la composition, les accords et aussi les effets que ça a eu sur le monde entier sur la population américaine ; est- ce que ça poussait  plutôt les gens à rentrer ou à sortir de cette guerre ? Pour moi franchement c’était intéressant de voir comment l’auteur mettait en scène des techniques musicales pour pousser les gens à réfléchir d’une nouvelle façon, c’est vraiment très complexe.

Présentatrice :Et toi Géraud peut être tu étais de l’autre côté ?

Géraud Sabatier-Gerat :Nous on écrivait des lettres et on échangeait par lettres avec les écoliers d’Evreux et donc on était soit un soldat et on écrivait à nos proches de l’arrière et donc le but c’était de voir comment eux ils vivaient ça, comment ils racontaient ce qu’ils vivaient à leurs proches et leurs proches eux comment ils leur écrivaient,  s’ils les réconfortaient… Pour voir les deux versants, comment les deux cotés vivaient la guerre.

Présentatrice :Merci à tous les quatre d’être venus en plateau. Alors pour vivre, comme ces élèves, le conflit de la Grande Guerre, le spectacle sera joué le 17 mai à Saint-Rémy-Lès-Chevreuse et le 19 juin au théâtre Montansier, il y a d’autres dates un peu plus éloignées et l’ouvrage lui est déjà disponible au éditions Tiret du 6.