Compagnie L'Air de Rien | Tardieu
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TARDIEU

Le spectacle

Création originale s’appuyant sur de courtes pièces et poèmes de Jean Tardieu.

« Il y avait foule au manoir” (décennie 1900-1909) renommé pour l’occasion «L’enquête de Dubois-Dupont sur la disparition du baron de Z : crime ou suicide, on ne le saura jamais »

« Un mot pour un autre » (décennie 1910-1919) renommé pour l’occasion « veau de ville ? »

« Le sacre de la nuit » (décennie 1920-1929) renommé pour l’occasion « L’amour étoilé »

« La politesse inutile » (décennie 1930-1939) renommé pour l’occasion « l’art de l’insolence »

La nouvelle énigme pour Œdipe (décennie 1940-1949) renommé pour l’occasion « l’éternel question »

La mort et le médecin (décennie 1950-1959) renommé pour l’occasion « le monde imaginaire »

Oswald & Zenaïde (décennie 1960-1969) renommé pour l’occasion « chut chut, pas un mot »

Finissez vos phrases (décennie 1970-1979) renommé pour l’occasion « l’histoire des deux… »

Eux seuls le savent (décennie 1980-1989) ou « les secrets de la vérité inconnu »

L’épouvantail (décennie 1990-1999) ou « l’homme en boite »

Note d’intention

Au-delà d’un hommage à Jean Tardieu, il s’agira aussi un spectacle sur la recherche de la dramaturgie à la limite de la philosophie poussée à son paroxysme. C’est ce que nous apporte d’ailleurs le théâtre de l’absurde en général. Cet auteur ne cesse de poser la question de la légitimité de l’existence. En écrivant des pièces qui n’excèdent pas les 20 minutes et où les personnages n’ont pas de réponses, il met en avant un théâtre non conventionnel et nous invite à raconter ses histoires dans une autre forme de théâtralité. En étudiant son travail, Jean Tardieu apparaît multiple, gourmand d’activités différentes. Bien que poète avant tout, il est aussi dramaturge et auteur de nombreuses fictions radiophoniques. C’est pourquoi il m’était impossible de ne monter qu’une seule pièce et de ne me cantonner qu’à la forme théâtrale. Nous avons donc résolus de nous appuyer sur une fresque historique du XIXème siècle, siècle que Jean Tardieu (né en 1903 et mort en 1995) a connu dans son entièreté et dont je suis l’héritière. Chaque œuvre sera représentée par des tableaux de chaque décennie.

La scène est un lieu d’expression où toutes les formes sont acceptables et acceptés. Passer par le théâtre et les poèmes ainsi que par la forme radiophonique permettra la résonance des mots, des sens et de l’imaginaire commun autour de son œuvre, et d’aborder avec délicatesse et élégance enrobées d’humour les sujets qui fâchent l’Homme : la souffrance, l’impossibilité de communiquer ou la mort. Jean Tardieu peut être profond et rieur, sérieux et fantaisiste. Il naviguera, sa vie durant, sur cette dualité entre l’angoisse et la joie, la nuit qui l’effraie et la lumière qui le réconforte, véritable marque de fabrique avec des œuvres comme “Clair-obscur” ou encore “Obscurité du jour”. Cela nous mène donc à jouer beaucoup sur l’intervention de la lumière (qui est un autre langage) dans le spectacle, par le principe de l’ombre chinoise par exemple.

Jean Tardieu oscille entre farce et réflexion, il a souhaité évacuer les classiques, remercier les expressions trop convenues, écarter les phrases déjà entendues ou lues. Il raccompagne tout ce petit monde à la porte pour mieux accueillir de nouveaux invités. Redécouvrons notre langage autrement, dans des situations inédites, souvent comiques, afin de mieux comprendre et savourer le style unique de cet auteur, amoureux de la forme courte, innovation singulière et audacieuse dans ce théâtre de l’après-guerre. Pour mieux servir le langage qui fascine profondément l’auteur autant qu’il s’en méfie, laissons les comédiens jouer malicieusement avec certains codes du dialogue théâtral, comme les apartés ou les monologues. Et permettons toutes les audaces et excentricités où les acteurs peuvent se lancer avec gourmandise dans l’interprétation de ces partitions loufoques. Ah, le pouvoir des mots !

Amandine Calsat

J’ouvrais (…) la porte de ce grenier : mon « théâtre de chambre ». Je percevais les fragments dispersés d’une comédie, les bribes incohérentes d’un drame. J’entendais quelques rires, des éclats de voix, quelques répliques furtivement échangées, et je voyais apparaître sous le rayon du projecteur quelques êtres ridicules ou aimables, touchants ou terribles, qui semblaient échappés d’une aventure (…). Je notais ces fragments, j’accueillais ces fantômes de passages, (…), je ne me souciais pas de fouiller plus avant dans leur passé ou dans leur avenir. En effet, personnages et situation, lumière et ténèbres, murmures, sourires, soupirs et cris, tout ce jeu de cache-cache dans les corridors de mes songes.

Jean Tardieu