Compagnie L'Air de Rien | La Croix du Nord
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La Croix du Nord

La Croix du Nord

Qui était vraiment Wernher von Braun ? Chaque week-end, jusqu’à la fin du mois d’août, le spectacle proposé à la Coupole d’Helfaut vous fait rencontrer l’inventeur des fusées V2. Mises au point en Allemagne entre 1939 et 1942, elles auraient dû être lancées, ici, à Helfaut, pour anéantir l’Angleterre.

« On ne fait pas une pièce sur la vie, l’œuvre et la carrière de Wernher von Braun », avance Guillaume De Moura, le metteur en scène. « On essaye plutôt de comprendre comment il a pu collaborer avec les nazis. Sans juger. Sans donner de réponse. Comment il a pu accepter que des prisonniers des camps de concentration travaillent pour lui. »

Théâtre, dance, musique, vidéos d’archives… Dans son spectacle, Guillaume De Moura marie les supports pour mieux nous faire réfléchir. « Je ne voulais pas faire un monologue sur la déportation », explique-t-il. « Je voulais réveiller l’imaginaire des spectateurs avec un travail stylistique et stylisé. Par exemple, la danse est universelle. Elle transcende les mots. »

Le directeur de la Coupole, Julien Duquenne, est sur la même ligne. « Pour moi, c’est une pièce militante car elle nous engage à faire un travail d’introspection », sourit-il. « Le travail de mémoire est important. Mais aujourd’hui, il faut innover et inventer de nouvelles manières de transmettre. Le théâtre en est une. »

Sur scène, face au public, sous le dôme de la Coupole, trois personnages. Wernher von Braun, bien sûr, mais aussi une journaliste et son rédacteur en chef. « Nous sommes en 1975, Wernher von Braun vient d’obtenir la médaille de la science aux États-Unis et une journaliste du Washington Time va enquêter pour en savoir un petit peu plus sur ce drôle de personnage », précise Guillaume De Moura.

Au fil de ses investigations, la journaliste va notamment retrouver André, un prisonnier du camp de Dora, en Allemagne. « Quand j’ai vu la pièce, j’ai été gagné par l’émotion », confie Julien Duquenne. « Parler d’Hitler, ça devient presque banal. Parler de Staline, ça devient presque banal. Mais avec des personnages moins connus, on peut montrer la folie criminelle d’un système et l’exploitation de l’homme par l’homme », embraye Guillaume De Moura. Étonnante, presque effrayante, la pièce pose une question : et nous, qu’aurions-nous fait en 1940 ?

Paul-Luc Monnier