Compagnie L'Air de Rien | L’Indépendant du Pas-de-Calais – un sommeil de plomb pour tenir les consciences en éveil
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L’Indépendant du Pas-de-Calais – un sommeil de plomb pour tenir les consciences en éveil

L’Indépendant du Pas-de-Calais – un sommeil de plomb pour tenir les consciences en éveil

Cette création explore la figure de Wernher von Braun, concepteur des V2 allemands et fer de lance de la conquête spatiale américaine.

Qui était Wernher von Braun ? Un ingénieur au service de l’armée allemande, inventeur de la fusée V2 destinée à bombarder Londres ? Un scientifique absorbé par son travail aveugle au monde qui l’entoure ? Un pionnier de l’astronautique ? Le héros de la conquête spatiale américaine à l’origine du premier pas de l’homme sur la lune ? C’est ce personnage à la fois génial et pourtant ambigu qu’a souhaité explorer le centre historique et de mémoire à travers une création théâtrale, mêlant danse, vidéo et musique.

Inédit. Après le succès de la pièce Churchill, la décision qui sauva le monde, la Coupole s’est lancé dans un projet inédit : coproduire une pièce de théâtre dont elle a confié l’écriture à Christine Méron et la mise en scène à Guillaume de Moura. « Cet homme, on vit avec lui au quotidien, on le connait. Son histoire est liée à celle de la Coupole. C’est d’ici que devait être tirée la V2 pour bombarder Londres. Nous sommes allés à Dora où elles étaient construites par les déportés dans des conditions épouvantables. Comment quelqu’un qui a vu ce qui s’est passé à Dora peut continuer à dormir la nuit et traverser le XXe siècle comme il l’a fait ? », s’interroge Julien Duquenne, le directeur de la Coupole. « Nous voulions travailler autour de ce questionnement. D’où le titre de la pièce, un sommeil de plomb. »

Interview. L’histoire se déroule en 1975. Wernher von Braun est à la fin de sa vie. Il est rongé par un cancer qui l’emportera deux ans plus tard. Cette année-là, il reçoit la National medal of science. A cette occasion, l’auteure Christine Méron imagine l’interview de Wernher von Braun par une jeune journaliste. D’abord naïve, la jeune femme creuse la question et veut explorer la face cachée de ce héros américain, « le père du vol lunaire », interprété par Benoit Allemane. « La journaliste et l’entretient n’ont jamais existé. En revanche, tous les éléments, les faits, les dates, les références qui sont cités sont historiques et exactes », souligne Julien Duquenne.

Pour autant, ce n’est pas un cours d’histoire. « Notre propos est artistique. C’est une figure historique qu’il faut continuer à questionner. Pour comprendre notre société, pour comprendre qui on est, ce qu’on doit être ou ne pas devenir. C’est presque un travail d’introspection. Qu’aurions-nous fait à sa place ? Qu’aurions-nous fait à leur place devrais-je-dire », ajoute Guillaume de Moura. « Il y a un aspect militant, au sens noble du terme. Les questions qui sont posées sont toujours d’actualité », complète Julien Duquenne.

Emotion. Cette création sera d’autant plus forte, quelle sera jouée les 14, 15, 20, 28 et 29 aout sous le dôme de la Coupole, avec l’empennage du V2 en toile de fond. L’atmosphère est donnée dès la galerie d’accès. Quand le froid vous saisit et la « musique », composée spécialement pour la traversée du tunnel jusqu’au dôme, vous explose aux oreilles. « Dimanche, j’ai assisté pour la première fois à l’une des répétitions. Je n’en suis pas ressorti indemne. A travailler ici tous les jours, à voir les galeries, à côtoyer de personnage depuis onze ans, je pensais m’être forgé une carapace, mais j’ai été rattrapé par l’émotion portée par la pièce », avoue Julien Duquenne, désormais impatient de découvrir l’impact sur les spectateurs.

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